La recherche du mois
RHEVE au coeur des sources historiques

Janvier 2018 : recherche N°20

Pierre Chenevaz

Pierre Chenevaz, 1705-1764

né le 11 août 1705 à Meyzieu

marié en 1742 avec Françoise Broal, 1708-1771

3 enfants : François (1743-1743), Charles François (1744-1795) et Philibert (17746-1800)

mort le 20 décembre 1764 à Meyzieu

Notaire royal

Fils de Claude Chenevaz

Décembre 2017 : recherche N° 19

La famille CHENEVAZ :

Pierre épouse  Isabeau Pélissier (mariage en 1625) ont eu un fils : Jean

Jean (1633-1692) épouse   1- en 1658, Anne Augeret (morte en 1659)

                                                   2- en 1666 Anne Françoise Morin (morte en 1682)

                                                   3- après 1682 Marie Fleureton

Le couple a eu 3 enfants :

Marguerite,  Justine et  Claude (1677-1729)

Claude épouse 1- en 1702, Françoise Chaine (1682-1707)

                          2- Jeanne Lafon (morte en 1714)

                          3- en 1718, Françoise Dejol (morte en 1748)

Le couple a eu 2 enfants :

Claudine (1703-1709) et Pierre (1705-1764) 

Pierre épouse en 1742 Françoise Broal (1708-1771)

Le couple a eu 3 enfants :

François (1743-1743), Charles-François (1744-1795) et Philibert (1746-1800)

Charles François épouse Germaine Benoite Broal (1744-1814), sa cousine germaine avec une dispense accordée par le¨Pape Clément XIV

Le couple a eu 3 enfants :

Pierette (1771-1853),  Prosper (1775-1825) et  Candide (1778-1829)

Novembre 2017 : recherche N° 18

Les curés de Meyzieu de 1625 à 1792

•Chamouze (1625-1653) 

•Parein (1654-1658) 

•Charles Morillon (1658-1689) 

•Jean Grandis (1690-1692) 

•Claude Deville (1692-1713) 

•Guyonnet (1713-1747) 

•Bain (1748) 

•Gaspard Vallantin (1749-1764) 

•Quinquelon (1764-1783) 

•Bernard (1784-1792)

En 1763, le curé de Meyzieu, malade, est remplacé par des prêtres du Troisième Ordre de Saint François, François Basile, Arsenne Creux, Archange Faurie.

Le 24 mai 1764, Gaspard Valentin est enterré dans l'église de Meyzieu, alors âgé de 43 ans. La cérémonie se réalise en présence de Rudigot, curé de Vaux, de Bertrand, curé de Genas, de Delachaise, curé de Décines, de Baudin, curé de Charpieu et de Pécheux, prêtre.

Octobre 2017 : recherche N° 17

Mariage

A l'honneur et gloire de Dieu, soit à tous notoire que ce aujourd'hui vingt quatrième jour de novembre après-midi l'an mil sept cens deux par devant le notaire royal soussigné ont été presents en leurs personnes Barthélémy Courjon, travailleur de Meysieu, fils naturel et légitime de défunts Antoine Courjon et Catherine Reinaud d'une part et Jeanne Chassin, fille naturelle et légitime de defunts Jean Chassin et Guillaumaz Chevallier, habitants de la paroisse dudit Meyzieu, ledit Courjon majeur et maistre de ses droits ainsi qu'il a affirmé et procédant de l'autorité et conseil de ses parents ci-après pour témoins nommés, et ladite Chassin, procédant de l'avis ,conseil et autorité d'honneste Michel Reinaud Favier son oncle par alliance et d'Estienne Chevallier son oncle maternel utérin, ci presents la conseillant et autorisant, malgré le refus de Jean Gomet son curateur. Lesquelles parties de leur gré ont promis et promettent par le serment par eux presté en mains de messire Claude Deville prestre curé dudit Meyzieu et de moi dit notaire, se prendre et expouser en vrai et légittime mariage à la première réquisition de l'un d'eux affirmant et leurs dits parents ne scavoir aucune chose qui puisse empêcher l'entier accomplissement dudit mariage en faveur et considération duquel ladite Chassin de l'autorité que dessus s'est constitué en dot et pour elle audit Courjon son futur expoux tous et uns checuns ses biens qui consistent ou puissent consister pour la régie et administration desquels elle a constitué ledit Courjon son procureur irrévocable pour rendre compte des capitaux le cas échéant avec l'augmentation en résultant à la forme du droit ayant promis ledit futur expoux d'acheter des bagues et joyaux selon leur condition et se sont lesdits futurs expoux et expouse fait les donations en cas de survie, scavoir ledit Courjon à ladite Chassin la somme de trente livres et ladite Chassin audit Courjon de pareille somme de trente livres par des considérations particulières entre eux connues, laquelle somme sera payable au survivant par les héritiers du pré-décédé un an après son décès, ainsi convenu et accepté par lesdites parties sans pouvoir y contrevenir à peine de tous despents, dommages, intérêts, sous obligations, soumissions, renonciations, et clauses requises et nécessaires. Fait et stipulé à Meyzieu dans la maison curiale dudit lieu présents honneste Claude Droz et Claude Courjon parents dudit futur expoux, témoins requis . Ledit Droz soussigné avec ledit sieur Deville curé, non lesdits futurs expoux et expouse ni lesdits Michel Reinaud, Estienne Chevallier et Claude Courjon pour ne scavoir écrire de ce enquis et requis
Deville curé
Droz présent                                (Claude) Chenevaz notaire 


Acte notarié du 24 novembre 1702

Archives départementales de l'Isère

Septembre 2017 : recherche N° 16

Quittance du 30 novembre 1690

"Le trentiesme jour du moys de novembre, avant midy, l'an mil six cents nonante, pardevant le notaire royal hereditaire soubzigné, s'est estably en personne Allexandre Persioz, laboureur de Mesieu, mary et maistre des droitcts de Jeanne Claret à laquelle il promect faire ratiffier quand requis sera de son gré, confesse avoir receu presentement reellement et comptant de Claude Claret, aussi laboureur dudict Mesieu, son beau frere cy present et acceptant la somme de dix livres a compte de ce que ledict Claret doibt à la dicte Claret sa soeur sur sa constitution dottale faicte en leur contract de mariage receu par maistre Bonnard notaire en sa datte laquelle somme de dix livres a esté deslivré par ledict Claret audict Persioz en escus blancs et autre bonne monnoye ayant cours et par icelluy Persioz perceus, retiré et embourcé, voyant moy dict notaire et tesmoins soubzignés dont il se contante et quitte ledict Claret et les siens et promect qu'il n'en sera jamais faict autre demande sans prejudice du surplus par promesses, obligations, soubmissions, renonciations et autres clauses, faict et passé à Mesieu dans la maison curialle en presence de messire Francois Perard, prebstre, curé de Genas et sieur Leger Ratinel, procureur d'office dudict Mesieu, lesmoins requis, ledict sieur Perard a signé, non ledict Ratinel, ny lesdictes partiesqui ont dict ne scavoir de ce enquis"
Perard
J.Chenevaz notaire  

Ce texte permet de constater la forte dépendance des femmes qui ne peuvent pas gérer leurs propres biens et qui dépendent de leurs mari. On note aussi l'écriture de Meyzieu "Mesieu". On apprend le métier des intéressés. Ils sont laboureurs. L'acte est rédigé à la maison curiale de Genas, ce qui nous permet de connaître le nom du curé de Genas en 1690. Un procureur d'office est un avocat. On constate aussi que beaucoup sont illétrés puisqu'ils ne savent pas signer.                                                        

Août 2017 : recherche N°15

Quittance

      "Le vingt neufviesme jour du moys d'octobre appres midy l'an mil six cents nonante, personnellement establie Guillaumaz Huvet, vefve de Benoict Coutturier, laquelle de gré recognoist et confesse avoir cy devant receu de Pierre Thollon son gendre, laboureur de Mesieu, present et acceptant la somme de soixante six livres que ledict Thollon a apporté dans la maison de ladicte Huvet et qui a esté par luy employée pour l'usage commung de leur famille et acquittement de partie de leurs debtes dont elle se contante de laquelle somme de soixante six livres ladicte confessante quitte ledict Thollon au prouffict duquel elle consent que ladicte somme soit affectée et ypothecquée sur tous ses biens et c'est outre une autre quittance de trente livres passée par ladicte Huvet audict Thollon receu par maître Bonard notaire par promesses, obligations, soubmissions, renonciations et autres clauses faict et passé audict Mesieu dans la maison de ladicte Huvet en presence de Helix Rochon et Jean Blondet Joguet laboureurs dudict lieu tesmoins requis ledict Rochon a signé non ledict Blondet ny lesdicts Huvet et Thollon pour ne scavoir de ce enquis". 

 H.Rochon 

 J.Chenevaz notaire    

Juillet 2017 : recherche N°14

La maison Marmonnier, 
Félix et Victor Marmonnier

A la fin du XIXe siècle, au coin de la rue Jean Jaurès et de la rue de la République, face à la maison Marmier, se situe alors un bel ensemble avec un parc aux arbres remarquables. C'est en 1899 que Félix Marmonier, ingénieur-inventeur, industriel en mécanique, achète à Meyzieu un ensemble de terrains d'une superficie de quarante hectares. Il y crée une maison et son parc, entourés d'une ferme et de champs. Ce lieu est proche de l'emplacement de l'usine de la famille, située dans l'est de Lyon, qui emploie près de 1000 ouvriers et fabrique du petit matériel principalement viticole, dont le pressoir à vis appelé « pressoir Marmonnier », créé en 1874. L'entreprise date de 1835, fondée par son père, Félix Norbert Marmonier, à l' origine simple tourneur en métaux. Cette affaire aux débuts très modestes prend rapidement de l'ampleur et devient après vingt ans un grand atelier.

Félix Marmonnier est aussi l'inventeur de la première automobile qui circulera à Lyon, (Brevet n"150000) pour un générateur à production de vapeur instantanée, alimentant un moteur à grande vitesse de 3 chevaux, daté du 17 juillet 1882. En 1899, Félix Marmonier a 61 ans. La ferme est la raison principale de son choix. Il y exploite des céréales et des vignes, il possède 40 vaches, des cochons, 3 ou 4 chevaux de trait. Une partie des terres est marécageuse, mais ce sont avant tout des terres vouées à la chasse. Cependant, ces terrains alluvionnaires sont fertiles. N'ayant pas trouvé à son goût la maison ancienne dont dépendait la ferme (maison Marmey), il décide de construire du neuf, de l'autre côté de la rue, pour avoir tout le confort moderne. Il fait ainsi appel pour son projet à des professionnels de renom, ceux qui ont fait partie de la prestigieuse équipe du Parc de la Tête d'Or (l'architecte M. Eugène Curny pour le dessin de la maison et de ses dépendances, le paysagiste Le Breton pour le tracé du jardin et des plantations.

« Félix Marmonnier a épousé Marie Bouvard. Le couple aura 9 enfants, 9 garçons dont l'un Petrus sera missionnaire en Chine et au Japon. Pour la maison et le parc, la volonté de Félix fut élégance des abords, rigueur et grandeur. Pour que l'entrée dans la maison se fasse de façon gracieuse, il y avait une volée de marches donnant accès à une terrasse, au sommet de laquelle se trouvait une statue féminine revêtue de voiles diaphanes brandissant, telle un phare, une torche lumineuse. Toute la décoration intérieure se réfère à l'art nouveau : les vitraux multiples, les sols, les lustres, les frises murales. La maison comprend, au rez-de-chaussée, un petit salon d'été (appelé le petit hall), une penderie, une bibliothèque-bureau, un grand salon, une salle à manger, une salle de jeux (ces dernières entourées d'une verrière aux carreaux multicolores), une grande cuisine et son office. Au premier étage se trouvent les chambres aux vastes proportions, avec cabinets de toilette avec doubles vasques de porcelaine et robinetteries de cuivre, il y a aussi une salle de bains avec baignoire. Au deuxième étage se situent les chambres de bonne et cabinets de toilette, jouxtant un immense grenier. Au sous-sol, il y a une cave à vins, une cave à fruits, une cave à salaisons, et un coffre-fort ! Les communs sont, dans une modestie apparente, les mêmes que ceux d'un château : écuries à chevaux, garages à voitures, grenier à foin, serres, orangerie, mais aussi niches à chien, pigeonnier, bûcher, lavoir, et surtout la maison des jardiniers ». 

Mais Victor, à la mort de son père reprend la maison et y apporte plusieurs innovations géniales : une machine électrique pour laver la vaisselle toute en cuivre, des engins mécaniques mus électriquement pour éplucher les légumes, les découper en morceaux ou les émincer, battre les sauces, secouer la salade, moudre le café, râper le gruyère ou hacher la viande. Dans un local annexe, il installe une machine à cirer les chaussures. La maison est entièrement chauffée à l'air pulsé. Dans chaque chambre est installée une trappe où le linge sale jeté descend directement dans un baquet à la buanderie. A côté de la soute à charbon et la chaudière, une espèce de monte-charge hisse le charbon directement dans l'énorme cuisinière en fonte de la cuisine ! « Mais l'installation qui fait la gloire de la maison est, sans conteste, la table de la salle à manger "une table à service mécanique extrêmement ingénieuse et pratique, qui permet de se dispenser de tout serviteur". D'abord il fallut de la place à la cuisine pour fixer le meuble qui sert à recevoir le chariot qui arrive, sur rail, de la salle à manger, pour être desservi ou rechargé prêt à repartir! En fait cette table a la forme d'un U ou d'un fer à cheval ».

« L'épouse de Victor est Marguerite, née Laferrière, ensemble, ils auront six enfants : Jacques, l'aîné, reprendra l'usine, Jeanne, célibataire, s'occupera d'enfants, à Villard-de-Lans; Hubert, célibataire lui aussi, se tuera en montagne, dans le massif de l'Oisans, à 30 ans, puis Noël encore, mourra jeune, de suites opératoires, à 28 ans, laissant deux petites filles. Quant à Monique, née en 1916 et morte en 1993, elle se battra pour garder la maison. Enfin Marie-France, a fait le choix de continuer à vivre à Meyzieu ».

« Pendant les heures sombres de la deuxième guerre mondiale, la maison devient le siège de la Kommandantur. Les FFI envahissent à leur tour la propriété. Puis les Américains arrivent dans la liesse générale, ils campent dans les champs et s'approvisionnent à la ferme. Puis la paix se réinstalle, la famille Marmonnier habite de nouveau la propriété. Les générations suivantes s'installent dans l'ancienne maison des jardiniers ainsi que dans la grande petite maison (huit pièces !). Le jardin reprend forme et vie. Monique Marmonier hérite à son tour de la "grande maison" et donne du lustre au parc, mais les temps ont changé. Les charges d'entretien s'avèrent intenables ». En 1972 1a propriété est vendue à un promoteur qui rase la maison.

« On entrait dans la propriété par une allée ombragée de belle dimension, faite pour accommoder les voitures (car c'est déjà l'époque des toutes premières voitures à moteur). Quelques minutes à pied, sans rien voir d'autre que des buissons et massifs derrière les arbres ; ce n'est qu'après un long tournant que l'on découvrait enfin la maison et la vaste pelouse qui s'étendait au pied de la terrasse, un groupe de cèdres majestueux, cèdres du Liban et cèdre de l'Himalaya, donnait toute sa profondeur à ce parc élégant qui réunissait des espèces choisies avec soin. Imaginez-vous dans cette propriété, sur la terrasse, il y a cent ans : à l'ouest et au sud, cette large étendue verte, agrémentée de cèdres remarquables et bordée très loin par des thuyas américains qui cachaient plusieurs rangs de vignes, au nord, tout près de la maison, une «salle d'ombrage » d'une quinzaine d'érables sycomore pour donner un peu de fraîcheur à la lourdeur des étés lyonnais ; à l'est, les communs, des vergers et un potager disposé à la manière classique, cerné de buis. Sur un hectare et demi, entre parc d'agrément et jardin verger, le décor était planté pour accueillir plusieurs générations de cette famille d'industriels de la bourgeoisie lyonnaise ».

« Conçue comme un endroit plus frais, au nord de la maison, de beaux érables sycomores apportaient leur ombre bienfaisante les jours d'été. La grande allée de graviers ronds et blancs qui menait de la route de Lyon jusqu'à la maison alternait tilleuls et acacias d'une très belle variété. On devait compter douze ou treize séries d'arbres jusqu'au portail, plantés à intervalle régulier, qui dessinaient une courbe douce. La petite allée comptait peut être huit séries d'arbres et menait à ce qu'on appelait la « grille », c'est à dire qu'elle menait de la maison à la route de Lyon, en coupant au plus court dans le parc. Parmi les arbres remarquables : le sapin, des buis de haute taille, le tilleul, l'érable pourpre, le cèdre nain et le noyer ».

Extrait de Meyzieu, un jardin au tournant du siècle,

Juin 2017 : recherche N°13

Qui est Henri Lebrun ?

Né le 16 février 1913 à Sempigny dans le département de l'Oise, il s'engage dans la gendarmerie. Il est muté à Meyzieu. Marié, père de 2 enfants, il est arrêté le 21 juin 1943 par la police française. Transféré à Vienne, il est livré à la Gestapo. Il est interné à Montluc, puis à Fresnes et à Compiègne avant d'être déporté pour Buchenwald-Dora le 27 janvier 1944. Il meurt en déportation à Ellrich fin mars 1945.

« Henri Lebrun fait partie de ceux qui par leur abnégation, leur engagement personnel, volontaire et délibéré, ont été et resteront l'honneur de la France ».

Robert Lajous, président de l'Amicale des Anciens Combattants, avril 2016, hommage prononcé à la gendarmerie de Jonage.

Mai 2017 : recherche N°12

Localisation du monument érigé en mémoire du génocide arménien

Plan des rues Ambroise Paré et du 24 Avril 1915

Le samedi 24 avril 1915, à Constantinople, capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier du XXe siècle, avec environ 1,2 million de victimes. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome. Les « Jeunes-Turcs » profitent de l'occasion pour accomplir leur dessein d'éliminer la totalité des Arméniens de l'Asie mineure, une région qu'ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Ils procèdent avec méthode et brutalité. Le gouvernement destitue les fonctionnaires locaux qui font preuve de tiédeur. Dans un premier temps, les agents du gouvernement rassemblent les hommes de moins de 20 ans et de plus de 45 ans et les éloignent de leur région natale pour leur faire accomplir des travaux épuisants. Beaucoup d'hommes sont aussi tués sur place. La « Loi provisoire de déportation » du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes. Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens, militaires et gendarmes ont toute facilité à réunir les femmes et les enfants. Ces malheureux sont réunis en longs convois et déportés vers le sud, vers Alep, une ville de la Syrie ottomane. Les marches se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide. Survivent toutefois beaucoup de jeunes femmes ou d'adolescentes (parmi les plus jolies) ; celles-là sont enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l'islam et mariées à des familiers. En septembre, après les habitants des provinces orientales, vient le tour d'autres Arméniens de l'empire. Ceux-là sont convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour, loin des regards indiscrets. Au total disparaissent pendant l'été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

« Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici ».

Télégramme transmis par le ministre à la direction des Jeunes-Turcs de la préfecture d'Alep


Avril 2017 : recherche N°11

Registre paroissial mariage 1702

L'an mille sept cens deux et le neufieme feuvrier

après les fiancailees faites, les trois publications des

bans et le contrerole signé yuert (= hier), ne s'estant treuvé

aucun empeschement entre Pierre Tholon dit Diot,

 veuf de Catherine Couturier, laboureur, et Jeanne

Liermet, veufve de feu Etienne Chavalliat, travailleur

je soubsigné curé, certifie leur avoir donné la 

bénédiction nuptiale en présence de sieur Jean 

Courjon, de Jean Huvet, d'Estienne Chevallier et

d'Antoine Varambon dit Peryet, tous de ce lieu, ledit

Courjon et Jeab Huvet ont signé et non les autres

pour ne scavoir. Enquis.

Mars 2017 : recherche N°10

Meyzieu en 1701

En 1701, Meyzieu est partagé en 26 mas. En voici la carthographie réalisée par Guy Milou à à partir des données du parcellaire de 1701 qui est conservé aux archives municipales de Meyzieu.

Février 2017 : recherche N°9

Un texte de 1707 conservé aux archives municipales de Meyzieu expliquent que la communauté de MEyzieu se compose de Meyzieu et de Chassieu. Chaque année la communauté se réunit pour élire un consul moderne en alternant  : une année unhabitant de Meyzieu, l'année suivante, un de Chassieu. Le consul est chargé de convoquer les réunions de la communauté chaque fois qu'un problème concerne la communauté, par exemple pour les impôts.

Janvier 2017 : recherche N°8

1657, les habitants de Meyzieu se plaignent du poids de la taille.

Un texte conservé aux archives municipales parle "des extraordinaires souffrances supportées par la communauté de Meyzieu".

Pour mémoire, la taille est un impôt royal qui correspond à la taxe foncière d'aujourd'hui.



Décembre 2016 : recherche N°7

Le chemin de Pommier à Meyzieu : pourquoi ce nom ?

En 1701, cet axe s'intitule chemin de Pommier à Lyon. Pommier est aujoud'hui un hameau de Jons. En ce lieu se trouvait au XVIIe siècle des bâtiments appartenant à l'abbaye de Sainte Barbe.

Abbaye de Sainte Barbe en 1608


Novembre 2016 : recherche N°6

Quittance

Le huitième jour du mois d' octobre après midi l'an 1690, personnellement établi Pierre Pilloix, travailleur de Meyzieu, lequel de gré reconnaît et confesse avoir ci-devant reçu en bonne espèce de Benoit Martin Dumont, son beau frère, présent et acceptant la somme de quinze livres et deux linceux legués à Catherine Martin, femme de feu Jean Martin du Monten. Son dernier testament a été reçu par feu maître Huvet, notaire. Passé à Meyzieu en l'étude de moi dit notaire en présence de Francois Huvet, laboureur du dit lieu, et Jean Villam, aussi laboureur du dit lieu, témoins requis qui ont dit ne pas savoir signer ni les dites parties de ce enquis. 


Pierre Pilloix est le beau-frère de Benoit Martin Dumont.



Octobre 2016 : recherche N°5


Quand un passeport était nécessaire pour se rendre à Lyon

N°1

à Jean Bergerel, natif de Meizieu, domicilié à Meyzieu, inscrit sur le tableau des habitants de cette commune sous le N°182, âgé de 24 ans, taille d'un mètre et 30millimètres, cheveux et sourcils châtains, yeux roux, bouche moyenne ? Menton rond, visage ovale, ayant une petite cicatrice sur l'œil gauche, lequel a déclaré vouloir aller dans les départements environnants, principalement dans celui du Rhône et au moyen de son mariage est hors de la réquisition et de la conscription. Prêtez lui aide et assistance en cas de besoin. Délivré par nous maire adjoint de la commune de Meyzieu le 2 messidor an VIII et avons signé avec le dit

P Nugue                                                          Bergerel

N°2

à Amable Guillot, natif de Lyon, domicilié à Meyzieu depuis plusieurs années, tailleur d'habits, âgé de 28 ans, taille de cinq pieds un pouce, cheveux et sourcils châtaings, front découvert, yeux roux, nez assez gros bouche moyenne, menton rond, visage ovale, uni et plein, barbe naissante, boiteux de la jambe gauche, inscrit sur le tableau des habitants de cette commune sous le N°143, lequel a déclaré vouloir aller dans les départements voisins et plus particulièrement celui du L'Emant,,,,, prettez lui aide et assistance en cas de besoin.

Délivré par nous maire adjoint de cette commune le 28 messidor an VIII, Signé avec ledit,

Guillot                                                             P Nugue



Les deux premiers passeports délivrés

Archives Municipales de Meyzieu, Registre des Passeports

Septembre 2016 : recherche N°4


Contrat de fin de bail du fermage concernant le domaine de Teytard

Le quatorzième jour du moys de novembre avant midy, l'an mil six cent huictante neuf, pardevant le notaire royal héréditaire soubzigné se sont personnellement establis, messire Paul de Cohade, docteur en Sorbonne, custode de l'église Sainte Croix de Lion, seigneur de Rambion, d'une part, Jean Carruel, laboureur habitant à Mésieu, moderne (nouveau) fermier du domaine des Carreaux et précédant fermier du domaine de Teytard appartenant audit seigneur de Cohade d'autre part. Lesquels de leurs grés par mutuelles réciproques conventions sont venus à compt de tout ce que ledit Carruel doib (doit) audit seigneur tant pour prestsz (présentes) fournitures, arrérages des termes escheus (échus) de la dite ferme du domaine de Teytard,  manquements et restes de chetail (cheptel) que autrement du passé jusques a ce jour et de tous les payements part luy faicts tant en danrées (nature), argent, travaux que autrement et le tout compensé se treuve (trouve) ledit Carruel bien debvoir (devoir) audit seigneur la somme de cent vingt quatre livres et la quantitté de trois bichets froment, cinquante [et] un bichets seigle et un cochon vallant dix huit livres pour les causes susdites que le tout il promect payer audit seigneur de Cohade ou les siens à sa première et simple requeste (requête) faicte pour terme prisses par l'arest (arrêt) du présent, au moyen de quoy et de payement desdits cent vingt quatre livres trois bichets froment, cinquante un bichets seigle et cochon, ledit seigneur de Cohade a quitté et quitte ledit Carruel et les fermes de tout ce qu'il luy prète des bois jusques au jour et promect que ne luy en fera jamais de faict avec demande sans préjudice des termes quy esigeront (exigeront) de ladite ferme de Teytard dont le premier sera à Noël prochain et de l'arrentement du domaine des Carreaux à quoy ni se entendu desrogé, ayant ledit Carruel promis fournir audit seigneur de Cohade un extrait des présents dans huit jours ainsy pour demeurer considérant et promis la chose de droict soy (soit) observé et ny contreviendra et ledit Carruel à paine (à peine) de tout despens, dommages, intherets (intérêts), obligations de tous ses biens et propre personne suivant lesdits fruicts quy proviendront dudit domaine appartenant audit Carruel soubmissions, renonciations et clauses nécessaires faicte et à Mesieu dans la maison forte dudit Rambion en présence honneste Estienne Quinon, laboureur de Chassieu et AnthoyneJouvet, travailleur audit Mesieu, tesmoins requis. Signé leditQuinon avec ledit seigneur de Cohade, non lesdits Carruel et Jouvet qui sont illétrés de ce enquis. 

Analyse :

Paul de Cohade est l'un des plus riches propriétaires de Meyzieu. Il possède, en 1701, 18,5 % de la superficie de Meyzieu. Il est propriétaire de plusieurs grands domaines : Rambion, Teytard, Carreaux et Platacul.

Paul de Cohade est professeur de Philosophie. En 1678, il est nommé official métropolitain de l'archevêque, c'est-à-dire vicaire-général.

La custoderie est le lieu où résident les prêtres liés à la cathédrale Saint Jean.

Jean Carruel est laboureur. Il a toute la confiance de Paul de Cohade puisqu'il change de domaine. Fermier du domaine de Teytard, il va devenir fermier du domaine des Carreaux. Il s'agit en quelque sorte d'une promotion car le domaine des Carreaux est plus important avec une superficie de 38 hectares.

Le domaine de Teytard a une superficie de 1,3 hectares. Le domaine compte 11 bovins, 39 ovins, 6 poules, 1 coq et 1 cheval. Il se situe sur le lieu-dit du Saugey, sur le flanc ouest du château.

L'acte notarié du 14 novembre 1689 fait le point sur les dettes du fermier vis à vis du propriétaire. 

Source : minute notariale de Jean Chenevaz, notaire royal à Meyzieu, 1689, Archives départementales de l'Isère.


Semaine du 28 août 2016 : recherche N°3

L'hostellerie de la Croix Blanche à Meyzieu

ou comment l'étude des sources peut se transformer en une enquête policière ?


Dans de nombreux actes établis par le notaire Jean Chevenaz, il est fait référence à l'hostellerie de la Croix Blanche. C'est en ce lieu que le notaire reçoit ses clients et rédige ses actes. Elle est en 1689, la propriété de Claude Quinon, huissier à Meyzieu. Un  bail de location est renouvelé le 24 février 1690 à Richarde Genevey, veuve du sieur François Laverdure. 

Dans la minute notariale où Claude Quinon renouvelle le bail de la veuve Laberdure, un inventaire détaillé de l'hostellerie est réalisé. Jean Chenevaz parle "d'un logis où pend l'enseigne de la Croix Blanche". Outre ce logis, il y a un jardin, divers bâtiments dont deux écuries, un pigeonnier et une pièce de terre. Le grenier se situe au-dessus de la cuisine. Voici la transcription de l'inventaire (les mots entre parenthèse correspondent soit à l'écriture actuelle du mot, soit à son explication) :

 "Premier dans la cuisine il y a une vieille grande table faicte de deux platteaux de chesne (chêne) souttenus par deux pieds dans (en) terre avec deux bancs aussy boys (bois) chesne au (avec) chascun quatre pieds. Un grand audier ou chenet de fert (fer) à panière pour aller à la cave. Il y a des degrés de boys fort usés et pour encaver le vin il y a deux broches de fert, ung (un) tour de boys et une grand corde my usé(e), dans laquelle cave sont les marchons de boys des deux costés en quatre pieces. 
Dans la chambre joignant ladicte cuisine du costé de bize (nord), il y a deux chanlicts boys noyer fort usés garnis de leurs fondz et ciel et au chascun une palliassiere (paillasses) de bourras (étoffe grossière en laine) vielle et presque uzés
Dans une autre chambre appelé Marniolle, il y a trois autres chanlicts (bois de lit) vieux et fort uzés en deux desquels sont garnis de leurs fondz et ciel et d'une palliassiere presque uzée, l'autre ayant un fondz sans ciel, y ayant ausi deux vieux mattellats (matelas), un fort usé, l'autre presque neuf, et une petitte vielle (vieille) coittre (édredon) de plume couverte de thoille (toile), une vieille couverte sardy (étoffe de laine grosssière) presque usée, plus une grand table sur des pieds dans terre fort usé, et encor une autre table boys noyer fort vieille sur des vieux tritteanx (tréteaux) en menuyserie à lenticque (à l'antique), un marche banc boys noyer fort usé.
Dans une autre appelée la chambre blanche, il y a une vieille garde robe non usittée en laquelle il y a trois portes sans serrure ny clef.
Soubz (sous) le couvert qui est dans la cour , il y a des marches pour entrer au grenier [qui est} au dessus [de] ladicte chambre blanche.
Dans le petit escuyrier (écurie), il y a une chsche (chaise) et un rattellier presue (presque) neuf tirant depuis la murallie du costé de vent (sud) jusques à celle du costé de bize (nord).
Dans le grand escuyrier, il y a de chesque costé de mattin (est) et soir (ouest) des cresches (mangeoires) et rattelliers my usés tirants puis depuis la murallie du costé de vent jusque a celle du costé de bize, et le plancher garny de travons (travées) et branches de bois et quelques vieilles cleyes (claies) et fagots pour tenir les fourrages. 
Le jardin est cloz (clos) d'hayes (haies) vives et mortes meslés du costé de mattin, bize et soir, icelluy garny a moytie d'herbes pottageres.
Pour monter aux greniers de la maison il y a dans la cour des degrés (marches) de boys reposants sur une gallerie. Il y a cinq portes fermants à clef scavoir celle de la cuisine sur le chemin, celles de la chambre Marniolle, de la chambre blanche, du pigeonnier et du premier grenier qui entre par la gallerie et le portail de la cour ferme avec une barre par dernier (derrière)."


Dans le parcellaire de 1701, cette hostellerie n'est pas citée. Le parcellaire de 1701 dénombre quatre pigeonniers. En analysant chaque parcelle possédant un pigeonnier, une seule correspond. Elle se situe sur le mas des Gadelles (mas 7)*, le long du Grand Chemin de Crémieu à Lyon (actuelle rue de la République), au niveau de la place des Maisons Rouges où se rencontrent ce dernier chemin et le Chemin de l'Eglise aux Maisons Rouges. Auparavant cette place se nommait Place des Rameaux.

Le nom de l'hostellerie peut venir de la présence d'une croix blanche sur la Place des Rameaux. Une recherche sur les rôles de la taille nous montre que le propriétaire de 1701, Antoine Gommet, a acheté ce bien en 1693. Il nous manque l'acte notariée de cette vente, mais malheureusement, les minutes notariales de 1692 à 1700 ont disparu.

Ce domaine n'existe plus aujourd'hui, la rue Antoine Vacher le traverse.

* Voir le livre : Meyzieu à l'aube du Siècle des Lumières, un village du Velin en 1701 de Guy Milou, Editions du Poutan, 2016

Semaine du 21 août 2016 : recherche N°2

Testament d'Antoine Barge, habitant à Chassieu, le 4 aôut 1689

Deuxième partie : "éviter les querelles entre les héritiers !"

Archives départementales de l'Isère, cote 3E9689, minutes notariales de Jean Chevenaz, 1689-1691, notaire royal à Meyzieu.

Selon les règles de la transcription paléographique, l'orthographe de l'époque a été respectée. Pour des raisons de compréhension, la ponctuation a été établie et si cela s'avère nécessaire le mot d'aujourd'hui est retranscrit entre parenthèse.

Item ledit testateur donne et lègue, par droict d'institution particullière, delaisse à Magdelaine Barge, sa fille légittime et de Anne Robillet, son expouse, la somme de cent livres, quatre linceux (draps) thoille de mesnage, une poussière thoille d'estouppe, une couverte (couverture) sardy barré tirant six ausnes, deux nappes et deux serviettes de cordallie et une arche (coffre) de sappin fermant à clef, payable lesdits danrées (denrées), quant elle sera majeure ou se mariera et lesdits cent livres en deux termes le premier comme dict est a sa majoritté ou quand elle se marierera et l'autre un an appres et cependant sy elle veut ou peut compatir avec ledit heriteir (héritier) son frère et travailler de tout son pouvoir, elle sera par luy nourrie et entretenue de tous alliments sellon sa quallitté si non il luy payera l'int[érêt] au denier vingt jusques au[dit] temps desdits cent livres, la faisant quant à ce son her[itier) et la déjette et la clud de tous ses autres biens. Item, donne et legue par droict d'institution particuliere, délaisse à ladite Anne Robillet, sa bien aymée femme, la jouissance des fruicts et revenus de ses biens, pour jouir par elle et disposer pendant sa vie vivant en viduitté ainsy que bon luy semblera à condition néanmoins qu'elle nourrira et entretiendra ledit heritier leur filz de tous alliments necessaires, en travaillant de tous son pouvoir et luy estant obeyssant la faisant de ce son heritiere particulière et la dejette et exclud , de tous ses autres biens. Item donne et lègue par droict d'institution particulière, delaisse à tous ses autres parants pretendants droicts en son héréditté la somme de cinq solz payables lors qu'il ferons apparoir de leurs droicts, et quand a tous ses autres biens, meubles, immeubles, droicts et actions et pretentions dont il n'a disposé, il veut et entend qu'ilz appartiennent à son heritier qu'il a nommé, constitué de sa propre bouche as scavoir Francois Barge, son filz légittime et de laditte Robillet par lequel seront payés et acquittés lessusdits légats et autres debtes de son hoyrie en jouissant paisiblement d'icelle et à condittion que au cas que ladite Robillet sa mère ne vullie ou puisse compatir avec luy il sera obligé de luy payer annuellement pendant sa vie comme sus est dict la somme de vingt livres en deux payements esgaux de six en six moys, et en tant qu'elle demeure jouissante desdits fruicts elle ne sera tenue d'en rendre compte, et en cas qu'on ly voulust contraindre, ledit testateur dit que cecy est son dernier testement noncupatif et dernière vollonté, qu'il veut et entend estre executté en son entier, effect cassant et revocquant tous autres testements et codicilles qu'il pouvoit avoir cy devant faits, m'ayant requis faire le present acte qui a esté recitté et stipullé audit Chassieu dans la maison dudit Barge, testateur, présents les tesmoins par luy bien conneus qui sont Gabriel Jollant, Benoict Auray, Claude Bourgeis Michaud, Jullien Copponnat et Phillippes Rey Godard, laboureurs habittants audit Chassieu, Benoict Barronnier, laboureur de Grionnay, Benoict Defillon, tisserant de Torchefelon et Francois Laliche, drappier drappant de Chavanoz travalliant audit Chassieu. Tesmoins requis qui n'ont signé ny ledit testateur pour ne scavoir. De ce enquis et requis.J.Chenevaz notaire

Remarques orthographiques :

Les accents ne sont pas utilisés au XVIIe siècle, d'où tesmoin pour témoin, mesnage pour ménage, etc.

Certaines consonnes sont doublées comme légittime pour légitime, sappin pour sapin, exécutté pour exécuté, etc...

Les expressions ledit, sondit, sont très courantes.

Le s est souvent remplacé par z.

Le e est souvent utilisé à la place du a comme testement

Le h est utilisé après une consonne comme thoile pour toile

Analyse de cette deuxième partie :

Le testateur est marié et il deux enfants : une fille et un fils.

Son épouse s'appelle Anne Robillet. Sa fille se prénomme Madeleine et le fils François. Les deux enfants sont encore mineurs.

Son héritier est le fils. Son épouse aura l'usufruit de ses biens. Ce que reçoit la fille correspond à sa future dot en vue de son mariage.

Des précisions nous sont donnés en ce qui concerne les textiles. La fille héritera d'une somme d'argent et de diffrentes draps, couverture, serviettes et nappes ainsi qu'un coffre fermant à clef.

Vocabulaire :

Aulne : bâton de mesure des tissus. Sa longueur est variable selon les lieux. Les marchands doivent avoir une aune marquée et étalonnée. C'est aussi la mesure en elle-même.

Cordalie : tissu épais à base de chanvre et de laine.

Estouppe : si le fil de chanvre est extrait des rebuts, on parle de fil estoupe ou estouppe. C'est une toile de qualité moyenne.

Semaine du 7 août 2016 : recherche N° 1

Testament d'Antoine Barge, habitant à Chassieu, le 4 aôut 1689

Première partie : "se mettre en règle avec le Ciel"

Archives départementales de l'Isère, cote 3E9689, minutes notariales de Jean Chevenaz, 1689-1691, notaire royal à Meyzieu.

Selon les règles de la transcription paléographique, l'orthographe de l'époque  a été respectée. Pour des raisons de compréhension, la ponctuation a été établie et si cela s'avère nécessaire le mot d'aujourd'hui est retranscrit entre parenthèse.

Le quatrièsme jour du moys d'aoust avant midy l'an mil six cents huictante neuf, pardevant le notaire royal soubzigné, présents les tesmoins soubzignés, s'est estably en personne Anthoine Barge, laboureur de Chassieu, lequel de son gré et bon mouvement, estant dans son lict (lit) mallade sein  (sain) néanmoins d'esprit, de bon sens, mémoire et entendement, considerant qu'il ny a rien de plus certain que la mort, ny plus incertain que son heure, désirant disposer du peu de biens qu'il a plu à Dieu luy donner en ce monde, pour procurer la paix entre les siens, à ces causes il a faict son testement noncupatif et disposition de dernière vollonté. Comme s'ensuit, premier comme bon crestien (chrétien), catholicq, apostolicq romain, il a faict le signe de la saincte croix sur son corps, disant au nom du père, du filz, du Sainct Esprit, recommande son âme à Dieu qu'il a prié par les mérittes de la mort et passion de son cher filz, intercessions de la glorieuse Vierge Marie et des saincts et sainctes de paradis, vouloir recevoir son âme en leur compagnie à la séparation de son corps. Lequel, il veut estre ensepulturé (enterré) au cimetière de l'esglise dudit Chassieu et quant à ses obsèques et fraicts (frais) funéraires, il s'en remect a la conduitte de son heritier appres nommé, voulant et entendant que sy faire ce peut, son corps soit accompagné au tombeau par deux prestres qui diront la Messe le mesme jour ou le lendemain de son deceds (décès) à scavoir (savoir) une grande et l'autre basse, et qu'ensuitte, il en soit dict (dite) trois autres basses dans le moys suivant et encor une grande à la fin de l'année qui seront payées par sondit héritier, donne et legue à la luminairede l'esglise dudit Chassieu une livre de cierges et deux carterons (cartons) huille de noix payables par sondit heritier incontinant (immédiatement) appres son deceds.


Note :

Un testament noncupatif est un testament rédigé oralement par le testateur en présence de témoins et d'un notaire qui retranscrit les propos tenus et les gestes faits par le testateur.

Remarques orthographiques :

Les accents ne sont pas utilisés au XVIIe siècle, d'où mesme pour même, esglise pour église, etc.

Certaines consonnes sont doublées comme conduitte pour conduite, vollonte pour volonté, mallade pour malade, etc;

Le mot après est écrit appres.

Les expressions ledit, sondit, sont très courantes.

Le s est souvent remplacé par z.

Analyse de cette première partie :

Le rôle de l'Eglise est très prégnant. Les phrases citées ici se retrouvent sous une forme plus ou moins identique dans tous les testaments.

La mort est toujours évoquée de manière assez rationnelle et naturelle. La mort est très présente à cette époque. La mort étant inévitable, il est préférable de s'y préparer avec sérénité.

La croyance en la vie éternelle au Paradis est très forte. La crainte de na pas atteindre le Paradis inquiète les femmes et les hommes de cette époque. Ceci explique que le testateur recommande son âme à la bienveillance de la Vierge Marie et des Saints. Le testateur fait acte d'humilité. 

Le testateur nous informe qu'il n'est pas riche, mais il n'en tient pas rigueur à Dieu.